Nisyros, l'île-volcan

Nisyros fait partie, de mon point de vue, des plus belles escales du Dodécanèse. Grâce à ses richesses, elle vit principalement de la pêche et de l’agriculture (fruits, oliviers, noix), et n’est pas dépendante pas du tourisme, bien qu’elle ait de nombreuses curiosités à offrir. J’apprécie sa sérénité et l’accueil de ses habitants.
Selon la mythologie grecque, Nisyros fut créée pendant le combat des Dieux et des Titans : Poséidon, le dieu de la Mer entreprend de supprimer le géant Polyvotis terrifié, lequel défait et poursuivi, traverse la mer Egée pour se sauver. Il est rattrapé quelque part près de Kos, où Poséidon arrache avec son trident une partie du cap Krikelos, le jette sur Polyvotis et l’écrase sous la nouvelle Nisyros.
Dans une autre version, Poséidon aurait embroché Polyvotis de façon si violente avec son trident qu’une partie de l’île de Kos se serait détachée pour former Nisyros.

Depuis lors, Polyvotis, prisonnier dans les profondeurs de l’île envoie du volcan le souffle de la terre chaque fois qu’il soupire.
Ce mythe exprime également les liens qui existent entre Nisyros et Kos depuis les temps anciens jusqu’à aujourd’hui, liens politiques, moraux, sociaux et économiques. A Nisyros, comme le révèlent de nombreuses inscriptions, vivaient beaucoup de personnes originaires de Kos, de même qu’à Kos, existait une communauté de nisyriotes. Les deux îles eurent les mêmes rois, le même type de régime et géraient en commun leurs affaires publiques.
Créateur de l’île, Poséidon en est également le protecteur, d’où la présence d’un temple qui lui est dédié, ainsi que de nombreuses pièces de monnaie à l’effigie du dieu de la mer.

Nisyros est une île-volcan : forme ronde, cratère en son centre, la vue aérienne est sans équivoque. Certains blocs de pierre qui composent la jetée nord du petit port de Pali témoignent également du passé géologique agité du lieu.
C’est à Pali que viennent accoster les bateaux de plaisance, protégés par les jetées aménagées, alors que les ferrys font escale à Mandraki, la capitale de l’île, dans un port mieux adapté à leurs dimensions, mais peu sûr pour les petites unités, ce qui est bien dommage, car la visite de la ville est incontournable : nichée au bord des flots, au nord-ouest de l’île, elle présente d’agréables maisons et terrasses d’où l’on admire les couchers de soleil.
On peut y visiter le musée historique et folklorique, et surtout monter jusqu’au monastère de la Vierge via d’étroites ruelles ornées de motifs de galets ronds. De Pali, on s’y rend donc en voiture ou en scooter. Si vous choisissez de dîner là-bas, vous aurez le choix entre les tavernes du bord de mer, ou la jolie petite place romantique ombragée à l’intérieur du village.

L’arrivée à Pali est toujours un plaisir, même si une petite pointe d’adrénaline accompagne l’entrée dans le passage étroit du port, maintenant bien dragué à 3,5-4m. J’aime l’accueil dès l’intérieur du port, nuls cris, on fait le maximum pour ne pas croiser les ancres et on accoste soit près des tavernes au quai sud, soit au quai nord, un peu plus isolé.
Les quais ont été refaits, et il y a maintenant des bornes avec l’eau et l’électricité. Ce village respire la sympathie, et on ne ressent pas de pression mercantile de la part de ses commerçants, restaurateurs, loueurs d’appartements et de véhicules, épiciers. Ils nous parlent des visites à ne pas manquer sur l’île, Mandraki bien sûr, mais aussi le volcan, Emborios, Nikia, Avlaki.
Personnellement, quand je loue un scooter, je vais chez Captain Bike, et si j’ai besoin d’une voiture, je m’adresse à Eagle Nest, dont les conseils sont précieux. Ce dernier vous fera sans doute cadeau d’un cd de musique traditionnelle de Nisyros. Ces liens sont purement amicaux, de même qu’avec la famille qui tient la taverne Aphrodite, des gens d'une grande gentillesse.

Notre circuit touristique va tout d’abord nous emmener à Emborios, sur la route du volcan. Ce village est agréable pour ses petites ruelles enchevêtrées, et aussi pour son sauna naturel, que l’on trouvera en contrebas, avant d’arriver au village. Il s’agit d’une petite grotte alimentée par la chaleur du volcan qui lui confère cette atmosphère de sauna. Du sommet du village, on aperçoit le site du cratère où nous nous rendons maintenant.
Après le franchissement du col et quelques virages serrés, nous voilà sur le plateau de Lakki (parfois nommé Lakka) et une longue ligne droite nous mène aux abords du site. Celui-ci est composé de deux cratères principaux : sur la droite (à l’ouest), une marche de 10mn environ aboutit au premier qui a ma préférence pour ses couleurs éclatantes, son style « grand canyon », ses nombreuses volutes.
Son accès n’est pas difficile, mais on évitera tout de même d’y aller en tongs ou en espadrilles. Au retour, nous plongeons dans le second cratère qui est remarquable car spectaculaire. Le plateau au fond du cratère est criblé de trous desquels s’échappe le dioxyde de soufre. On marche sur un sol « souple », c’est une sensation bien particulière, un beau souvenir.

On aperçoit, perché sur la cime, le village de Nikia ou nous allons bientôt nous rendre. De là-haut, nous jetons un dernier coup d’œil au volcan en contrebas, et nous nous perdons dans les ruelles jusque sur la place principale où l’on peut se désaltérer en terrasse au café « η ΠΟΡΤΑ του Παναγιώτη », « la PORTE de Panayiotis ». Un musée vulcanologique vient d’ouvrir à Nikia pour les passionnés de géologie.
De retour de Nikia, nous nous rendons à Mandraki dont nous avons parlé plus haut. Nous admirons aussi le Paléokastro, une acropole qui fut bâtie il y a plus de 2600 ans. On peut contempler ses vestiges anciens, et la vue sur les alentours y est superbe. Au loin, on aperçoit l’île de Giali qui est exploitée pour sa pierre-ponce. C’est un agréable mouillage pour le déjeuner si le vent du nord n’est pas trop fort. A l’opposé, au sud de Nisyros, on peut voir les vestiges d’Avlaki, un ancien port aujourd’hui abandonné.

Vous pourrez découvrir l’île de Nisyros avec Cap Oniros sur les croisières Tilos, Symi ou lors d’une traversée de la mer Egée au départ de ou à l’arrivée à Rhodes.
Un circuit sur mesure de Kos à Rhodes ou inversement ne manquera pas d’y faire escale.
Dans le prochain billet du skipper, je vous parlerai de Tilos, l'île-nature.

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