Dans notre imaginaire, îles grecques = Cyclades. Murs peints à la chaux, blancheur éclatante, toits bleus des chapelles, cette image d'Epinal nous provient d'un acte de contestation aux divers occupants. Les bâtiments sont repeints chaque année aux couleurs bleu et blanc, les couleurs du drapeau grec.
Le bleu du ciel et de la mer se mélange avec celui des toits des chapelles et se détache sur le blanc éclatant obtenu à la chaux chaque année.
Plébiscitées par beaucoup, Santorin (Thira en grec) et Mykonos viennent en tête des îles symbolisant la Grèce. Très visitées, elles sont bondées en été, et même hors saison, que ce soit début mai ou fin octobre, vous ne serez pas seuls pour admirer leurs paysages grandioses.

Rendons leur justice, elles le valent bien, et rien ne remplace une arrivée à la voile dans la caldeira de Thira, sa profondeur abyssale, ses plages de sable noir, ses falaises au sommet desquelles sont perchés les villages de Oia (prononcer "ya") et de Thira (prononcer "fira" avec la langue entre les dents, c'est comme le "th" en anglais). Thira en grec signifie "porte", et se trouvait au centre de la civilisation minoenne. Point de passage obligé, elle était au sens premier du terme la porte d'entrée de celle-ci.
Alors, voir Santorin et mourir ? La réponse est bien évidemment non, car les Cyclades recèlent de nombreux autres trésors, et si la géologie de Thira est époustouflante, celle de Milos n'a rien à lui envier. Explosion de couleurs, soufre, lave, cendres, fer, son nom vient du grec ancien melinos qui signifiait "fait de pommes ou de coings", et représentait une couleur naturelle, une sorte de minerai blanc.
Il est dit que nous n'en finirons jamais avec les attraits dont regorgent les Cyclades : que serait la beauté sans l'hospitalité, l'accueil légendaire des grecs qui avec douceur vous égrènent leur philosophie de la vie "siga siga" (le "g" est guttural), "cool".

Partons à la découverte de ces îles accueillantes en partant de Lavrion près du cap Sounion à la pointe sud de l'Attique. Nos premiers milles nous conduisent à Kéa (ou Tzia). Jusqu'en 2009 figurait l'inscription suivante en lettres géantes sur le port : "ΕΔΩ ΒΟΥΛΙΑΖΟΥΝ ΟΙ ΥΠΟΣΧΕΣΕΙΣ ΤΗΣ ΚΥΒΕΡΝΗΣΗΣ ΚΑΙ ΤΑ ΧΡΗΜΑΤΑ ΤΟΥ ΕΛΛΗΝΙΚΟΥ ΛΑΟΥ", "Ici coulent les promesses du gouvernement et l'argent du peuple grec". La réfection du port entamée mais jamais terminée avait inspiré cette phrase prémonitoire qui rappelait aussi la proximité de la bouillante Athènes. Mais comme si les mots une fois exprimés apportaient le soulagement, nulle acrimonie, mais déjà l'ambiance "siga siga" est perceptible, étrangement mêlée à l'agitation du continent lors de l'arrivée et du départ des ferrys.

Appareillons pour Kythnos que l'on peut aborder par la côte ouest à Merichas ou sa côte est à Loutra. Kythnos se définit comme le diamant des Cyclades, et c'est un diamant brut. Ici, pas de paillettes ou de faux-semblants, mais des paysages et des plages à l'état naturel. Pour le malheur des grands commerces et le bonheur de ceux qui recherchent la tranquillité, il n'y a que deux ferrys qui passent par Kythnos, et encore, l'un d'eux était en révision une bonne partie de l'année 2010. Ainsi, les navigateurs sont privilégiés et jouissent des plages sauvages, des ballades vers le Paleokastro qui signifie "vieux château" en grec, ancien promontoire défendant l'île. A Loutra qui signifie "les eaux" dans le sens thermal du terme, on peut se relaxer dans un jacuzzi naturel ou se déverse une source dont l'eau soufrée avoisine les 40°.

En descendant au sud vers Sérifos, nous apercevons sur sa côte nord le monastère Taxiarchon d'où la vue sur les îles du nord est superbe. Ecole d'enseignement, son nom provient d'un grade dans l'armée (brigadier en fait) et il était réputé pour ses richesses, ce qui ne manqua pas d'attirer divers pirates contre lesquels il fallut se défendre.
L'arrivée à Livadhi est à chaque fois une formidable découverte de la Hora, ce village perché sur un piton rocheux. Anciennement, les habitants avaient construit leurs maisons en hauteur pour se protéger d'envahisseurs de tous bords. Livadhi qui signifie "champ" n'était sans doute pas habité, mais réservé aux cultures et vergers divers.
Sérifos est un lieu fréquenté par les Athéniens qui viennent y passer leurs week-ends. On y trouve également une communauté de Français bien implantés puisque certains y vivent "à l'année" et parlent couramment le grec. On les rencontre souvent au restaurant "Η Καλη", bonne table tenue par Kali qui signifie jolie, belle.

Notre bateau peut alors poursuivre sa route vers le sud, Sifnos, Milos, ou obliquer vers l'est en direction de Paros, Naxos. Pour remonter vers Athènes, un détour par Syros, la capitale des Cyclades s'impose, et si la météo le permet, pourquoi ne pas visiter le site de Délos, l'île sacrée.
Vous pourrez découvrir les îles de Kéa, Kythnos et Sérifos sur les croisières Cap Oniros Syros, Sérifos et Egée.
Dans le prochain billet du skipper, il sera question de traversées, en particulier celle de la mer Egée.

DEMANDE DE DEVIS

LE BILLET DU SKIPPER

Régulièrement, le skipper apporte son regard sur un sujet qui touche la Grèce ou la navigation. Découvrez le billet du skipper, partagez-le sur les réseaux sociaux...

Délos, l'île sacrée
C’est l’histoire extraordinaire d’un minuscule îlot qui devint l’île sacrée...
Loutra, on t'attend là-bas
Au sud de l’Attique et sa capitale Athènes, Kythnos est une véritable porte...
Du Péloponnèse au Dodécanèse en passant par la Crète
La remise à l’eau d’un bateau est un moment à la fois joyeux, émouvant et un...
Thira, la porte, admirez...
Santorin est parfois associée au mythe de l’Atlantide. Mais curieusement,...
Artistico, c'est flamenco
Retour dans le Dodécanèse, son soleil et ses baies tranquilles. Au départ de...
Afficher tous les billets